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mercredi 23 décembre 2015

Bientôt la fin de l'échange : bilan de ces 3 mois


https://mochimochijapan.wordpress.com/2015/12/23/bientot-la-fin-de-lechange-bilan-de-ces-3-mois/

Whaaa... ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas écrit !!
Merci aux quelques personnes qui ont pris des nouvelles par Facebook ou directement, me demandant si j'allais réécrire ou pas, comment se passait mon séjour etc au passage ! Ça me touche ^^
Koyo à l'université de KGU

Alors voilà, nous sommes déjà fin décembre, bientôt en janvier et donc.... la fin de mon échange universitaire. Mes cours et examens finissent déjà le 12 janvier, le temps est passé à une vitesse folle, surtout ces trois derniers mois.

Je m'étais promis de tenir ce blog a jour, mais hélas le temps m'a joué des tours. Ma famille comme mes amis en France ne savent peut-être pas trop comment se sont passés ces derniers mois, alors je vais essayer de résumer sans être barbante (désolée pour les fautes, j'ai tapé ce messages dans le train sur mon téléphone...).


D'abord les cours.
Certains le savent, ces derniers mois ont été un peu difficiles. La cause principale, c'est le manque de temps et le challenge qu'à représenté les cours de japonais.
Après avoir été placée dans le niveau 4 en avril, j'ai logiquement atteint le niveau 5 en septembre.
Dans cette fac, les niveaux vont de pré-1 puis 1 etc à niveau 6 puis 6+, moi je suis en niveau 5 actuellement soit un niveau assez avancé. Un peu trop avancé, car si les premiers cours de niveau 5 étaient franchement chouettes, la difficulté mais surtout l'écart de niveau entre moi et mes camarades de classe s'est fait vite sentir. Et j'avais beau m'accrocher je ne parvenais pas à rattraper mon retard niveau vocabulaire et grammaire, ce qui m'a déstabilisé et découragé.
Texte sur la création des bougies "rôsoku" à base de "liquéfaction, carbone, processus de modelage, raffinage, souffre etc...
 Au semestre d'avril, niveau 4 j'étais un peu triste qu'il n'y ait aucun challenge en cours, je comprenais parfaitement tout et me débrouillais pas trop mal je pense. Le niveau 5 est plus exigeant, il y a une grande place laissée à la discussion et la participation, nous avions pas mal de travail personnel (plus pour moi puisque j'essayais de rattraper mon retard), des articles de presse à écouter et commenter, des débats à animer, des textes compliqués à étudier (avez vous déjà entendu parler du concept de réfutabilité ?? 反証可能性), une enquête à mener, en tirer des résultats sous forme de rapport, etc. Si le contenu est passionnant, on ne peut pas dire que j'allais en cours sereinement.

Cela dit, si je regrettais en avril le manque de challenge, là je l'avais mon challenge ! Les cours étaient vraiment pénibles mais ma compréhension orale est bien meilleure maintenant et mon vocabulaire s'est aussi enrichi. Pas que du négatif donc !



Préparation d'un "cours" sur les adjectifs démonstratifs
Atelier cuisine et découverte de la tarte Tatin à Konan Joshi Daigaku
Ensuite.... le boulot. Le vrai.
En arrivant ici, je n'ai pas caché que je venais aussi trouver un travail. Ayant fini mon M2, il est temps que je rentre dans la vie active. Alors du boulot, j'en ai trouvé. Peut-être un peu trop d'ailleurs.
Comme expliqué dans de précédents posts, pour un étranger au Japon il y a des petits boulots (baito). Je cumule actuellement un boulot d'assistant en langue dans ma fac, j'anime un petit atelier de français à l'université de Konan Joshi Daigaku et j'ai toujours 2 élèves Japonaises à qui je donne des cours à domicile
Mais je ne suis pas prof de français, je n'en ai pas les diplômes et si mon français est plutôt correct, je ne peux l'enseigner en tant que "vrai travail".

En plus de ces trois jobs, j'ai eu la chance de tomber sur une entreprise fondée par un couple franco-japonais à Okamoto (Kôbe).
En allant à L'Institut Français du Kansai à Kyoto en juin avec une de mes élèves, elle a discuté avec un des Français qui proposait glaces et biscuits, et les choses faisant j'ai commencé à apprendre à travailler dans le petit magasin à Okamoto d'abord avec ma collègue F-san puis seule. J'adorerai raconter des anecdotes de boulot ou parler de ce que je fais, mais peut-être pour la prochaine fois !
En tout cas, grâce à cette opportunité, je vais rentrer en France en février et demander un visa Working Holiday (un visa qui permet aux jeunes de moins de 30 ans d'aller à l'étranger pour 1 an, afin de voyager et travailler en même temps) pour travailler une année de plus au Japon.

Sur un marché à l'intérieur d'un centre commercial, à la sortie de la gare de Kyôto
Pour parler argent, le "smic"au Japon est différent selon les régions, dans le Hyôgo (ici) il d'environ 800 yens, et 900 yens à Tôkyô. Dans les universités vous pouvez recevoir environ 2000 yens par session (1h30) et en tant que prof particulier on fixe ses tarifs, pour ma part 2.500 yens (19€) + les frais de transport/h. Le tarif augmente généralement quand il y a plusieurs élèves à la fois. Faire la conversion en euros n'est pas très intéressante, sachez juste que 2.500 yens (x2 ou x3 selon mon nombre d'élèves) ça me paie l'électricité du mois ou ma facture de gaz sur deux mois ou mon assurance santé mensuelle...




Les amis, les expériences, les découvertes ?
Par manque de temps et d'argent, je n'ai pas voyagé autant que j'aurais aimé, et peut-être pas profité autant que mes camarades de ce que la vie étudiante au Japon a à offrir. Avec les cours et les petits boulots, c'était pas toujours évident de me reposer, encore moins de sortir à droite à gauche.

Avec mon amie Vanessa, on a quand même pu aller à quelques reprises à Kobe ou Osaka, on est allées à Kobe Luminarie, à la fête de l'université (Shingetsu-sai 新月祭) on a participé toutes les deux à un marché sur Kyôto en tant que vendeuses, on allait se balader à vélo, pédaler dans les quartiers résidentiels, faire des courses (les courses sont dans la catégorie "loisirs" dans mon esprit !) ...
Et bien sûr avec Laurie on continue à se voir, même si hélas moins souvent (pardon copine ! é_è). 
J'aimerais en parler longuement aussi, mais ma mère est également venue au Japon pour 3 semaines ! Une expérience formidable pour elle, pas aussi grandiose que ce que j'aurais aimé, du fait de la pluie et par manque de temps encore, mais somme toute dépaysante !

La fête de l'Université à KGU




Et maintenant....

Aujourd'hui (23 décembre) ce sont les vacances, je passe Noël et Nouvel An ici, puis en janvier ça sera déjà les examens puis la fête de "remise des diplômes". Avec Vanessa on va probablement partir quelques jours en Corée en janvier, Laurie rentre en France fin janvier, et Vanessa et moi on rentrera mi-février.


Ces derniers mois n'ont pas été de tout repos, mais je n'ai toujours pas ce sentiment de "j'ai envie/besoin de rentrer au pays". 
Il y a quelques semaines, un professeur de français a sorti des pièces et billets en euros pour montrer aux élèves à quoi ressemblent notre monnaie.... j'ai eu une bouffée de nostalgie, tout en ayant l'impression de découvrir ces billets et pièces pour la première fois.
Et l'autre jour je cherchais un truc et je suis tombée sur mon porte-monnaie avec mes cartes de transport, ma carte SNCF, ma carte Vitale etc... J'avais presque oublié toutes ces affaires qui faisaient partie de mon quotidien en France.
Ça ne fait que 9 mois mais j'ai l'impression que ça fait des années que je suis ici. Comme si ma "vie d'avant" était celle de quelqu'un d'autre, comme si mes souvenirs commençaient à mon arrivée en avril. Clairement ce séjour m'aura fait davantage mûrir, prendre confiance en moi, donné de formidables souvenirs, donné envie "de plus" également.

C'est difficile de résumer quelques mois quand il s'est passé tant de choses, donc j'espère que mes proches saisiront un peu mieux ce qu'a été mon quotidien ces derniers mois, désolée d'avoir peu donné de mes nouvelles, mais à présent mon planning se libère un peu plus, et ça tombe bien car j'ai envie de parler de mille choses !



https://mochimochijapan.wordpress.com/2015/12/23/bientot-la-fin-de-lechange-bilan-de-ces-3-mois/

samedi 19 septembre 2015

Avoir un baito quand on est au Japon -2- Assistant Langue en Université



https://mochimochijapan.wordpress.com/2015/09/19/avoir-un-baito-quand-on-est-au-japon-2-assistant-langue-en-universite/


Après ce premier post pour trouver un baito en tant queprof de français, voilà un post un peu similaire, puisque ça consiste à enseigner le français dans une classe, avec des élèves Japonais dans l’université où vous faites votre échange.


-2- Travailler dans votre université en tant qu’Assistant Langue

Les salles de classes dans le bâtiment G de Kangaku
Il existe un système d’Assistant Langue, c’est-à-dire qu’un élève étranger participera à la classe et aidera le professeur dans diverses tâches, fera des propositions et suggestions pour améliorer les cours et aidera les élèves.
Ce système n’existe peut-être pas dans toutes les universités, mais il vient d’être mis en place dans la nôtre, Kwansei Gakuin Daigaku. Si les professeurs sont satisfaits de nous, il est probable que ce système continue et que d’autres étudiants en bénéficient. Donc pour vous étudiants en Master 2 CMAO qui me lirez peut-être, renseignez-vous à votre arrivée voire avant et contactez le professeur responsable des Assistants Langue (donnez-moi votre adresse mail et je vous transmettrai le mail du professeur par exemple).

Je n’ai pas encore commencé ce travail, il débutera pour moi dans une semaine et demi, soit le mercredi 30 septembre. Cependant il y a une astuce que je peux donner à tous les étudiants qui me lisent :

rapprochez-vous de vos « senpai » : les autres Français qui ont fait l’échange dans la fac où vous êtes, ou des Français qui sont en échange avec vous et qui ont l'expérience d'un semestre supplémentaire s'ils sont restés un an.
Là encore c’est tiré de mon expérience, et je ne vais parler que de ma fac dans ce post.



Quand je suis arrivée, il y avait quelques Français qui participaient à des cours de Français donnés par un professeur Japonais (en langue japonaise bien sûr). L’enseignement du français aux Japonais m’intéresse, comme je l’avais dit dans mon précédent message.
Photo volée pendant un cours ahah
Je suis donc allée avec eux à plusieurs reprises. Nous étions placés à côté d’un ou une élève Japonais(e) et nous lisions avec eux les dialogues (en français bien sûr) dans le livre, et pouvions les aider à corriger leur prononciation, leur grammaire etc…

C’était super intéressant d’être avec eux et de les écouter, et même s’ils galèrent avec les accents, les « le et la » les « il et elle », la prononciation du « r » etc (et je recommande à ceux qui vont à KGU et qui ont leur vendredi après-midi de libre en 3e période d’assister à ce cours avec S-sensei !). Ce cours n’est pas dit « intensif » et les élèves ont un niveau grand débutant, on commence à la base de la base. Il n’est pas défendu de parler japonais pendant ce cours avec l’élève pour lui expliquer s’il fait des erreurs, mais même les personnes ne parlant pas japonais peuvent y assister.


Assister régulièrement aux cours de S-sensei m’a permis d’avoir la priorité sur les 5 autres Français, quant au choix des horaires de travail en tant qu’Assistante Langue (et j’avoue que ça m’a bien arrangé). J’ai donc deux cours le mercredi en 3e et 4e période, les 5 autres Français se sont partagés les 7 autres cours restantes. Sans les anciens Français je n'aurais pas eu la priorité ni d'autres opportunités dont je parlerai dans le post suivant.



Pour en revenir au boulot :
Tous les Français de la fac ont été contactés par S-sensei pour les informer qu’il y avait ce système de Assistant Langue, donc si vous êtes à Kangaku et que le système est reconduit, vous serez peut-être contacté. Si vous ne l'êtes pas, mettez-vous en contact avec les Français qui restent un an à Kangaku et essayez de contacter les professeurs à votre arrivée ou avant.

- si vous n'êtes pas à Kangaku mais dans une autre université : c'est là qu'il faut trouver les Français de votre université ! Essayez de voir avec eux si ils connaissent des opportunités comme Assistant Langue dans votre fac, si ils connaissent les profs de français, s'ils peuvent vous mettre en contact avec eux, etc. Peut-être qu'il n'y a pas d'autres Français dans votre fac (ou francophones mais bon vous avez compris), et dans ce cas je ne peux que vous conseiller d'y aller au culot et de rencontrer les profs, éventuellement demander à assister à leur cours pour aider les étudiants Japonais en français etc... En gros : créez un réseau avec les anciens, les professeurs de français et essayer de trouver des opportunités de travail !



Pour le moment, je ne sais pas précisément comment vont se dérouler le cours, mais on nous a déjà donné quelques explications :

- ça vaut pour Kangaku : il ne faudra surtout pas parler en japonais avec les élèves. Tout devra se faire en français. Autrement dit, même un élève grand débutant en japonais peut postuler pour être Assistant Langue. En revanche, les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle (je pense à nos amies Chinoises surtout), il est possible que vous ne soyez pas contactés

- il semblerait que nous n’ayons pas un rôle trop passif dans l’élaboration des cours mais participatif, qu’on pourra faire des propositions au professeur, ce qui est super positif !

- ne concerne que Kangaku : il y a 3 classes de français intensif, chaque classe a cours 3 fois par semaine (donc 9 cours au total pour les 6 étudiants Français que nous étions à nous présenter). Deux professeurs sont Japonais et un professeur est Français
- c’est un baito donc on est payés. C’est 1.600 yens par cours (qui dure 1h30), l’université fait ouvrir un compte en banque japonais à tous les élèves, vous recevrez probablement cet argent sur votre compte en banque (4.800 par semaine, 19.200 par mois soit 141 )

Un manuel de cours d'un élève. Difficile à lire, mais les élèves passent parfois par l'anglais dans l'étude du français.
 
- nous utilisons le bouquin donné en cours aux élèves, je crois que la méthode s’appelle « Flash » (?), quoi qu’il en soit pas besoin d’acheter ce manuel, les étudiants Assistants langue se le partageront. Du coup on a en plus accès à la salle des enseignants de français. Une salle où on peut rester tranquillement travailler en sirotant du café (je suis plus thé pour ma part mais bon), c'est un autre avantage de ce boulot héhé~ -^^-


Pour le moment je n’ai pas commencé, mais dès que j’aurais fait mes premiers cours, je mettrai à jour ce post. Et encore une fois, si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser, que vous soyez du M2 CMAO ou des autres universités françaises !



https://mochimochijapan.wordpress.com/2015/09/19/avoir-un-baito-quand-on-est-au-japon-2-assistant-langue-en-universite/

mardi 21 juillet 2015

Les sons du Japon


https://mochimochijapan.wordpress.com/2015/07/21/les-sons-du-japon/


Il y a quelques semaines, j'ai participé à un "Talk Show" organisé par ma fac avec et pour les étudiants étrangers et anglophones. Une poignée d'élèves (dont moi) devait présenter quelque chose qu'on trouvait "Cool", en rapport avec le Japon.
Parmi les élèves, une fille a parlé des bruits et sons au Japon.
Et effectivement, autant quand on va sur Google il est facile d'avoir des images, autant avoir les sons associés à ces images est difficile, à moins de chercher un son ou une musique spécifique sur YouTube.

Du coup je voulais parler des sons qui ponctuent mon quotidien à Takarazuka.





Le train de Takarazuka

Pour aller à l'école, je vais en vélo jusque la gare de Takarazuka et je monte dans le train de la ligne Hankyuu. Il y a deux compagnies de train à Takarazuka ce qui est fort pratique : JR et Hankyuu, il est possible très facilement de rejoindre de grandes villes via ces lignes.
Tous les jours je prend la ligne Hankyuu qui m'emmène à la fac (mon arrêt est Nigawa, ce qui fait 6mn de trajet environ), et tous les jours j'ai droit à la petite musique du train.

Il y a d'abord celle qui prévient qu'un train est en train d'arriver et qu'il faut faire attention.



Et il y a celle-ci...



Cette musique signale aux voyageurs que le train s'apprête à fermer ses portes et à partir. On ne peut entendre cette musique qu'à la gare de Takarazuka (ou peut-être qu'à l'autre gare de Nishinomiya Kitaguchi aussi on l'entend... ? J'avoue ne plus faire attention) car c'est la première gare de la ligne.

Au Japon, il y a une grande "culture des trains" et il y a souvent des musiques qui accompagnent le départ d'un train dans la gare, et les musiques peuvent être différentes d'une station à une autre, d'un train à un autre. D'ailleurs pour les nostalgiques, il existe un site qui répertorie différents sont des différents trains du Japon (les sons qui annoncent l'arrivée/le départ d'un train, les annonces du genre "Attention le train arrive, restez en dehors de la ligne jaune (en bordure du quai)" etc.... !


Ajout d'information : une de mes élèves à qui je fais des cours de français m'a donné quelques informations supplémentaires : la musique qu'on peut entendre dans "Train Takarazuka" vient de l'anime "Astro le Petit Robot" (Tetsuwan Atomu). Ce personnage a été inventé par Tezuka Osamu (手塚治虫), le "père des manga", originaire de Takarazuka, il en est citoyen d'honneur. Astro est sans doute son personnage le plus connu et pour lui rendre hommage, la compagnie Hankyuu a utilisé une musique du générique de Astro pour annoncer le départ du train en direction de Nishinomiya-Kitaguchi.
On entend le son entre 0:27 et 0:35






Une autre des musiques vient de la troupe de théâtre de Takarazuka, il s'agit de "Sumire no Hana", l'adaptation japonaise de la chanson française "Quand refleuriront les lilas blancs". "Sumire no Hana" est la chanson symbole du théâtre de Takarazuka.
Pourquoi une chanson française ? La troupe de Takarazuka est fortement inspirée par la France et la chanson française, les boutiques de souvenirs portent des noms français ("Quatre Rêves") et on dit d'ailleurs que les actrices de la troupe de Takarazuka sont des Takarazienne (タカラジェンヌ) le "-zienne" vient visiblement de "Parisien/Parisienne".





Les quais 3 et 4 de la gare de Takarazuka





Le camion-poubelle

Le camion-poubelle passe dans les alentours de 7h et 8h du matin dans la résidence. J'ai beau dormir, j'ai beau avoir la porte fermée, je sais quand même si le camion-poubelle est là ou pas, et pour cause : il fait du bruit... !
Mais pas un bruit désagréable, plutôt un bruit genre "marchand de glace", une petite musique assez mignonnette avec des notes très aiguës et un rythme entrainant.



Tous les camions-poubelle de Takarazuka (et d'autres villes alentours ?) font ce bruit-là. Laurie qui n'habite pas du tout du même côté que moi a le même genre de camion poubelle rose (!), avec la petite musique etc...

Je crois qu'en France, les éboueurs deviendraient dingues si pendant tout le temps que dure leur travail ils devaient écouter cette petite musique enfantine. Quand je pense aux jeunes hommes que je vois parfois ramasser les poubelles, je les plains quand même un peu de subir cette musique sans arrêt sans arrêt sans arrêt.....
Je ne suis pas ici depuis des années alors peut-être que ça va me lasser, en tout cas en tant que résidente à Takarazuka.... j'aime !
Je me disais même que ça pourrait être chouette que la musique change avec les saisons ou qu'elle change tous les ans, histoire de renouveler le plaisir !!
Même si je dors, j'apprécie de l'entendre de bon matin, et quand je suis à vélo tôt le matin, j'aime savoir que le camion poubelle n'est pas loin et que je dois faire attention s'il tourne etc.

Ajout d'information : apparemment, la musique du camion a changé cette année ! Jusque-là, le son a toujours été celui de la chanson Yuuyake Koyake (Crépuscule et Dernières lueurs) mais à présent c'est une chanson de Takarazuka.
Pourquoi ça a changé ? Difficile à dire précisément, mais selon mon élève, les habitants s'interrogeaient du choix de cette chanson : le camion-poubelle passe le matin alors pourquoi associer cette musique qui représente le coucher du soleil... ?








La sonnerie des cours à l'université


En quittant le lycée, il y a un son qui ne m'a pas manqué : celui de la sonnerie des cours. C'est juste très désagréable d'avoir un DRIIIIIIINNNNNNG qui sonne le début et la fin des cours.

Dans l'université où je suis, contrairement en France où les heures de cours sont variables d'un cursus à un autre, d'un jour à l'autre, parfois d'une semaine à l'autre....
A Kangaku il n'est possible (en théorie) que d'avoir 4 cours par jours (il y a d'autres cours plus tard dans l'après-midi en 5e heure, mais j'ai l'impression que c'est quand même rare) et les plages horaires des cours sont bien définies.


Du coup, comme les cours sont à la même heure pour tous, il y a une sonnerie pour annoncer le début et la fin de ces cours, une musique que j'ai entendu plein de fois dans les dramas ou films se passant dans des écoles. Je trouve cette sonnerie quand même franchement plus agréable que les sonneries quand j'étais à l'école/collège/lycée, pas vous ?




Le passage piétons

Autre chose que je n'ai jamais vu en France : la sonnerie du passage piétons. Bien sûr il n'y en a pas partout, mais il arrive que certains passages piétons fassent du bruit pour avertir les gens qu'ils peuvent passer tant que la musique continue (il y a pas mal de musiques différentes). C'est du coup très très pratique pour les personnes âgées ou malvoyantes, et ça doit aussi éduquer les enfants et leur apprendre qu'il ne faut pas traverser n'importe quand et n'importe comment.



Depuis que je suis à Takarazuka, je n'ai pas entendu de musiques aux passages piétons aussi ce n'est pas exactement mon quotidien, mais à Kôbe il y en a. La musique que je vous fait écouter ci-dessus a été enregistrée à Fukuoka, mais on peut aussi l'entendre dans d'autres villes/régions du Japon. Je fais écouter cette musique en particulier car c'est celle que j'entendais tous les jours lors de mon premier voyage au Japon, à Uguisudami (Tôkyô).
(après coup j'ai cherché, et cette musique est une sorte de comptine pour enfant qui.... est en fait.... un peu glauque je trouve !)





Le Sushiro

Je l'ai avoué, j'aime aller au Sushiro ! Des sushi à 0.80 € l'assiette (deux pièces, parfois une), franchement il faut se laisser tenter de temps en temps !
Je peux pas dire que le Sushiro fasse partie de mon quotidien non plus, mais comme il y en a un près de chez Laurie (vais-je avouer que la présence d'un Sushiro à proximité a été un critère de sélection de son appartement.... ? ^^), on y va quand même.... assez souvent.
Là-bas, c'est un kaiten-zushi, c'est-à-dire que les plats passent sur un tapis roulant à côté et que chacun peut se servir sans avoir à demander à un serveur. Et quand on commande quelque chose, il arrive sur le tapis roulant. Et comme c'est le Japon et que c'est bien fait, chaque table est équipée d'une sorte de tablette qui permet de commander des plats, et qui nous prévient que ce qu'on a commandé est sur le tapis roulant et va pas tarder à nous parvenir.



L'écran change et il y a une petite musique quand la commande arrive ^^
En gros, dès qu'on entend cette musique, ça veut dire qu'on va se régaler ! ^^




Les cigales

Étant originaire de Bretagne, ça serait mentir que dire que les cigales font partie de mon quotidien pendant l'été. Mais au Japon, selon les régions, l'été est très chaud (on a régulièrement plus de 30° depuis juin et on est qu'à la mi-juillet) et très humide (du coup la température réelle peut être de 25° on va ressentir 30° par exemple). Et les cigales sont partout partout.... On les entend très tôt le matin, un parfait réveil pour qui veut se lever à 7h du matin ! Certains Japonais disent que rien qu'entendre le bruit des cigales, ils ressentent la chaleur, j'avoue que je sens la sueur perler dans mon dos rien qu'à les entendre... ! ^^






Le passage à niveau

A Takarazuka il y a une ligne de train qui appartient à la compagnie JR, elle traverse la ville, il y a donc des passages à niveau, qui émettent une sonnerie qui prévient l'arrivée d'un train et qui continue pendant que le train passe et jusqu'à ce qu'il soit passé et que les barrières se lèvent.


J'ai jamais eu de passages à niveau dans mon quotidien en France, alors sur ce point je ne sais pas à quel point le son peut être différent d'en France. En tout cas c'est un son qui m'a toujours accompagné pendant mes voyages au Japon et qui m'a beaucoup manqué en revenant en France.

Et c'est là que je me rend compte comme ce qui peut être perçu comme une nuisance au Japon ou selon les personnes peut être nostalgique et agréable pour d'autres (^^).



La clochette à vent

Il y a quelques temps je me suis pris une fuurin, une clochette à vent en métal à laquelle est accrochée une feuille de papier qui bouge avec le vend et fait sonner la clochette. Je l'ai accrochée dans ma chambre, et quand il y a un coup de vent j'entends la clochette faire ces superbes sons.


Je suis complètement fan des clochettes à vent, j'en avais une en verre achetée trois fois rien à Daiso, mais cet été je voulais m'en prendre une "vraie" en métal, dont le son est infiniment plus beau.

Pareillement, j'ai appris que les Japonais appréciaient ce son en été, car ça voulait dire qu'il y avait un courant d'air et qu'on pouvait ressentir un peu de fraicheur en entendant ce son.

La mienne est en métal, un peu comme celle-ci




https://mochimochijapan.wordpress.com/2015/07/21/les-sons-du-japon/


lundi 27 avril 2015

Les cours à l'Université de Kwansei Gakuin Daigaku (Hyôgo)



J'ai pu partir au Japon dans le cadre d'un partenariat entre mon université française (Lille I) et une université japonaise, Kwansei Gakuin Daigaku 関西学院大学, mais on peut aussi raccourcir en disant Kangaku 関学 (j'opterai pour ce raccourci à partir de maintenant).

La première fois que j'ai entendu parler de cette fac je me suis demandé si elle était vraiment bien, si elle était un peu connue, mais surtout qui avait bien pu donner lui un nom aussi improbable. Kwansei sonne étrangement peu japonais.

La seconde fois j'ai regardé le site internet et j'ai vu des photos de la fac, je l'ai trouvé de suite très classe. L'architecture n'a rien de japonais, pour moi elle a plutôt des allures de campus californiens.

Et le premier jour où je me suis rendue à la fac, j'ai rencontré mes Nihongo Partners (deux jeunes filles qui m'aident dans mes problèmes éventuels et me font pratiquer mon japonais) et nous avons visité la fac ensemble.

Et là..... le choc.

Le campus est gigantesque, il est très bien entretenu, il est bien pensé et agencé (les parkings à vélo, les bancs pour manger dehors, plein de poubelles etc...), les salles de classe sont vraiment nickel de ce que j'ai pu voir (pas de messages écrits au feutre indélébile sur les tables comme on peut avoir à Lille ! ^^) etc...


Quelques points qui m'ont surpris :

Il y a des employés qui font la circulation à l'intérieur du campus

Au milieu du campus, il y a une route empruntée par des voitures et des scooters, du coup il y a quelques passages piétons à l'intérieur de la fac. Et de chaque côté du passage piéton (qui fait 3m à tout casser) il y a un employé de la fac qui, armé d'un petit drapeau rouge, fait arrêter et traverser les élèves en toute sécurité.


 N'importe qui qui va au Japon verra des gens dont le seul boulot c'est d'arrêter les voitures et faire passer les piétons. On les voit souvent dans des chantiers qui se font près des routes ou devant des sorties de parkings. L'an dernier déjà j'en voyais près de là où je faisais mon stage, et qui lui devait faire ça toute la journée : faire sortir les voitures du parking souterrain et demander aux honorables piétons de bien vouloir avoir la patience d'attendre 10 secondes que l'honorable client du parking prenne la route...
C'est clairement des boulots àlacon mais cela dit si ça peut permettre à quelqu'un de travailler, j'ai envie de dire pourquoi pas ! Par contre quand on voit ce genre de boulot dans une université, ou qu'on voit qu'il y a plein d'employés chargés de ramasser les feuilles mortes etc.... pas étonnant que une année d'étude coûte à peu près 30 fois plus que mon université à Lille.




Il y a des points d'eau et un vrai jardin à l'intérieur de la fac

Parce que fuck yeah si on peut faire un jardin, alors faisons-le ! o/

Le jardin fait très japonais, il est hyper joli, très éloigné de la route et un peu à l'écart du tumulte de la vie estudiantine (quand j'y vais en tout cas, y'a jamais grand monde !). C'est vraiment tranquille, début avril quand les sakura 桜 étaient en fleurs, c'était particulièrement beau. Il y a aussi quelques carpes koi dans le lac.








Il y a aussi un lac vraiment charmant avec quelques canards dedans. Franchement, est-ce que ça ressemble à une université.... ?






Il y a des supérettes (conbini), un KFC, un Subway, un supermarché, une librairie dans la fac


Les conbinis sont plutôt grands surtout le Family Mart à l'intérieur de la fac (et dans le bâtiment G, là où j'ai le plus souvent cours donc ça tombe bien !). Comme tous les conbinis, on y vend de tout, mais forcément les rayons nourriture sont les plus fournis. Il y a pas mal de bentos et de repas tout prêts à réchauffer, des confiseries, des produits de boulangerie (mais bon le pain c'est plus de la brioche que de la baguette hein), des onigiri, plein de boissons, des glaces...... Et on peut utiliser les micro-ondes, des photocopieurs sans soucis. A l'heure de midi faut prendre son courage à deux mains pour y aller mais le matin et aux heures de cours c'est hyper tranquille.

Le conbini Family Mart complètement bondé à l'heure de midi
Il y a aussi un subway et un KFC dans la fac (sisi.... ça me parait complètement dingue mais on s'habitue). Mais je suis pas trop fan de Subway et je n'ai pas testé le KFC qui est vraiiiiment loin par rapport à mes salles de cours (vraiment loin = plus de 5mn à pied).
Ahlàlà quand tout est si pratique on commence un peu à faire la fine bouche ! :D

Le subway, pas mal rempli à midi


Sinon il y a plein de "goodies" à l'effigie de la fac vendus au KG-COOP. Autant les crayons, les cahiers avec le nom ou le logo de la fac ça me parait normal, autant voir un partenariat entre Hello Kitty et l'université ça fait tout de suite bizarre.... ! Il y a aussi des cartes postales, des habits, des biscuits (?!) avec le logo de Kangaku. Je n'imaginerais pas du tout manger des biscuits en France avec écrit "Université Lille 1" dessus mais bon... !


Le KG-COOP est une sorte de supermarché, on y trouve de tout : des produits de toilette, de la papeterie, un espace "pharmacie" si on se blesse, il y a des vêtements, chaussettes et collants... Il y a aussi une espèce d'agence de voyage (?!) si j'ai bien compris, qui s'occupe des étudiants qui souhaitent partir en voyage d'étude à l'étranger. Et bien sûr comme dans le conbini, on peut y acheter beaucoup de choses à manger, sandwichs (à la japonaise, pas de baguette bien sûr....), salades, donburis...

Il y a aussi une librairie qui propose des magazines, des mangas, des bouquins de cours, des dictionnaires.... il y a un choix vraiment énorme de bouquins divers et acheter là-bas permet de bénéficier de réductions.

Dans l'enceinte de la fac il y a également de nombreux terrains de sport (base-ball, football américain....), une (des ?) piscines, une salle de sport et musculation accessible aux étudiants pour 1.000 yens l'année.... On est toujours dans une fac là.... ?




N'importe qui peut venir se balader dans la fac et manger au réfectoire

Début avril, c'était la période de ohanami お花見 (littéralement, ça signifie "voir les cerisiers en fleur"), c'était vraiment superbe (les photos ont été prises à ce moment-là). Dans la fac on pouvait voir des personnes âgées se balader, faire des photos des fleurs, et venir manger à midi dans le réfectoire. La première fois que j'ai vu des personnes âgées ou des hommes en costume genre une petite dizaine d'employés de bureau manger leur repas de midi à côté des étudiants, j'étais vraiment stupéfaite.

Pour les élèves (souvent des filles quand même) qui font leur repas à la maison et l'apportent à la fac, ils peuvent quand même rester dans le réfectoire (je suis pas sûre qu'à Lille ça soit accepté en fait.... ?).

Les repas sont divisés en "comptoirs". Après avoir pris un plateau, on peut se diriger vers des files ou comptoires genre "comptoir katsudon", "comptoir pâtes udon", "comptoir curry" etc...
Il y en a qui parfois ne sont pas ouverts, mais dernièrement je les voyais tous ouverts.
Le nom des plats sont indiqués en japonais et en romaji (c'est à dire en alphabet romain) et on peut aussi connaitre le nombre de calories qui correspondent à chacun des plats.
En plus de cas plats, on peut choisir des petites choses à ajouter genre dessert, soupe miso, salades... De manière générale c'est cheap par rapport à la quantité (300-500 yens soit 2.30 à 4 €) et surtout c'est très très bon. On en a vraiment pour son argent.

En plus des personnes âgées, on voit parfois l'après-midi des enfants jouer au ballon ou des parents avec leurs enfants sur le terrain juste à l'entrée principale de Kangaku. Je trouve ça hyper sympa !









Trajet journalier :

Pour aller de ma résidence à la fac, je compte environ 45mn. Il me faut 6-7mn à pied pour aller jusque la gare de Takarazuka, 6-7mn de train entre Takarazuka et Nigawa, puis 20-25mn à pied de la station de train Nigawa jusque ma salle de cours.
Le chemin est très encombré le matin quand tous les élèves sortent du train pour aller jusque Kangaku.... j'aime pas trop, ça fait presque embouteillage et certains marchent aussi lentement que des tortues, c'est frustrant !



Cela dit le chemin à prendre est hyper joli. On suit le cours d'une rivière, on entend le bruit de l'eau, il y a quelques voitures parfois qui passent mais surtout on a l'impression d'être dans un bout de campagne. Les oiseaux chantent, il fait chaud, la vue est belle, que demander de plus..... ?




Pour le plaisir des yeux...
...quelques photos de l'université :











Les cours :

Mon emploi du temps type
A Lille I on nous demande de prendre 10 crédits à Kangaku soit :

- pour les élèves qui sont dans l'Intensive Track (IT), nous avons 6 cours de japonais le matin + au moins 2 cours au choix l'après-midi
- pour les élèves qui sont dans le Régular Track (RT), il y a 4 cours de japonais le matin + au moins 3 cours au choix l'après-midi

A Lille I, mes camarades et moi sommes toutes inscrites dans l'Intensive Track, j'ai donc
* 6 cours de 1h30 répartis sur 5 matinées
* et 3 cours de 1h30 l'après-midi, à choisir parmi une longue liste (j'ai choisi 映画論 Cinéma Japonais,日本語表現法 Japanese usage c'est-à-dire un cours de grammaire niveau avancé et un cours de 現在日本文化 Culture Japonaise Moderne). Je pouvais en prendre que 2 mais j'en ai choisi quand même 3.


Les cours du matin comptent 1 crédit, et sauf exception, les cours de l'après-midi comptent pour 2 crédits. Avec mes 9 cours par semaine j'ai donc 12 crédits, ce qui est suffisant. Bien sûr on peut prendre davantage de cours, mais on ne peut avoir plus de 16 crédits (c'est-à-dire 6 cours le matin et maximum 5 cours l'après-midi).

Les cours de japonais sont bien sûr donnés seulement en japonais. Les cours de l'après-midi sont généralement donnés en anglais, sauf certains, mais c'est indiqué. Mon cours de Grammaire niveau avancé & de Culture Japonaise Moderne sont donnés en japonais, et celui de Cinéma Japonais est en anglais.

En bref, j'espère que ce message va vous donner envie d'étudier à Kangaku !
Si vous avez des questions sur la fac ou sur les cours, n'hésitez pas à me demander ! :)

vendredi 24 avril 2015

Première semaine à l'université Kwansei Gakuin



 C'est avec à peu près 2 semaines de retards que je vais parler des cours que je suis ici.Les cours ne sont pas particulièrement durs (à part un seul, mais il est optionnel) par contre on a beaucoup de boulot, d'où le fait que j'ai mis du temps à poster ceci (pourtant ça fait un bail que j'ai écrit ce texte !)


Prête à travailler ! \o/
BREF début avril, j’ai eu ma première semaine dite « d’orientation ». Toute la semaine nous devions venir à la fac (qui du coup comme c’était les vacances, était pas mal désertée sauf par quelques étudiants faisant partie de clubs) afin qu’on nous explique comment fonctionne l’université, le règlement intérieur (plutôt strict à mon avis, surtout quand on compare avec les universités françaises), les procédures pour la « course registration » (c’est-à-dire choisir les cours qu’on veut suivre pendant le semestre), les procédures d’enregistrement d’adresse etc…





Dès le lundi nous avons donc droit à un petit test de placement pour nous répartir entre les différents niveaux de cours de japonais. Il y a des étudiants qui sont en « Regular » avec 4 cours de japonais le matin et moi qui suis en « Intensive » avec 6 cours de japonais le matin. Le test c’est plein de questions de grammaire de kanji, de vocabulaire, de compréhension de texte et un petit entretien avec un professeur. 

On peut se "reposer" à midi avec un buffet énooooorme (il faut le dire) et super bon (geez j'ai pu manger des fraises !). On sent qu'on est pas dans une fac "bas de gamme" ou quoi ahah !

La joie se lisait sur nos visages !


L’après-midi on a rendez-vous dans une salle où nous attendent des Japonais(es) : ce sont nos Nihongo Partners. Un Nihongo Partner ("partenaire de japonais") c’est un élève de Kangaku (Kangaku = diminutif de Kwansei Gakuin Daigaku) qui a pour mission d’assister l’élève étranger dans différentes démarches (genre enregistrement de l’adresse sur notre Carte de Résident) et de lui faire pratiquer son japonais. Je sais pas si ça a toujours été comme ça mais nous avons tous deux NP, les miennes s’appellent Mizuki et Kanae et elles sont été adorables (et en voyant que certains étudiants étrangers ne parlaient pas du tout japonais, elles sont sans doute été soulagées de voir qu’on pouvait un minimum discuter !).

Lundi après-midi, chaque étudiant armé de ses deux NP et d’un plan de l’université est sorti dehors pour qu’on lui montre les différents bâtiments et les endroits sympas de l’université. Ça fera l’objet d’un post un peu plus tard et je l’ai déjà dit plusieurs fois mais la fac est vraiment énorme et très classe... !!

« C'est vraiment une fac ? Mais c'est trop beau !!! <3 »
Après le tour de la fac (et après m’avoir entendu dire mille fois « Aah c’est grand ! Ooh c’est beau ! Hann mais c’est vraiment une université ?? ») (vous comprendrez pourquoi en voyant les photos....), nous nous rendons à Takarazuka pour acheter un teiki-ken 定期券, c’est-à-dire une sorte de carte de transport qui me permet de voyager en illimité entre deux points donnés, à savoir entre ma résidence à Takarazuka et jusque la fac (je m’arrête à Nigawa mais c’est également accessible depuis l’arrêt Kotoen). Finalement impossible d’en acheter un à Takarazuka à cause d’un problème momentané de machine alors on repart dans l’autre direction à Nishinomiya-Kitaguchi.

Teiki-ken entre Nigawa 仁川 et Takarazuka 宝塚
Grâce à mon statut étudiant, je paie seulement 5 700 yens pour 3 mois de trajets illimités entre ces 5 stations (contre 17 000 en tarif normal), ce qui est hyper cheap par rapport à ce à quoi je m’attendais. Ça revient à 44 € soit 15 € par mois (contre 133 €/mois si je n’avais pas de réduction). Bien sûr ça va paraitre très cher, surtout qu’à Lille je payais 18 € par mois pour naviguer sur l’ensemble du réseau transport. Alors que là ça n’est que 5 stations. Mais les transports en commun au Japon, on les paie à la distance et non à l’heure ou au trajet. Plus on voyage loin sur une ligne plus ça va être cher. A Lille, on peut faire 10 stations comme en faire 50 on paiera le même prix. Ici je peux payer facilement 5-10 € pour aller au centre-ville de Osaka ce qui est pas donné si je veux bouger tous les week-end.


Le soir je rejoins Laurie chez elle. Elle n’avait alors encore ni portable ni internet donc c’est un peu dur de se joindre. Du coup on a pas d’autre choix que de se donner des rendez-vous très précis « A tel endroit, à telle heure, okay ?! Et je t'attendrai 1h, après je rentrerai, okay ?! » sinon on finirait pas se rater et…. 
*musique dramatique
...et on finirait par ne plus jamais se retrouver l’une l’autre...
.........et notre voyage serait gâché car on aurait plus moyen de se redonner des rendez-vous vu qu’elle est coupée de tout moyen de communication... ! 

...............et alors on finirait par vivre chacune dans son coin alors qu’on est parties ensemble 
...NAOONNNNN !! 
*la musique dramatique s'arrête*

Bref, on se donne rendez-vous mercredi puisque j’ai mon après-midi de libre.




Le lendemain (mardi donc), de nouveau rendez-vous à la fac pour parler des Address Registration et de l’Health Insurance Card. Comme j’ai un visa étudiant/long séjour, j’ai une carte de résident, au dos de laquelle je dois faire noter mon adresse au Japon. Je retrouve mes deux NP et nous nous rendons à Sakasegawa. 








Arrivée à l’arrêt Obayashi, je vois une gaijin (étrangère) entrer dans la rame. Et c’est marrant mais elle me disait quelque chose….
 Les cheveux châtains-auburn aux épaules, bouclés, le sac vert kaki, les fringues, l’apparence générale…

Pas de doute possible, c’était Laurie !

J’étais en pleine conversation avec mes Nihongo Partners (en japonais donc !), et le truc c’est qu’ici comme je parle japonais anglais et français en fonction de mon interlocuteur, mon cerveau commence à dérailler et à plus comprendre ce que Laurie fiche dans le train et dans quelle langue je dois lui parler.
Je suis tellement surprise (attendez, quelle est la PROBABILITÉ pour que Laurie aille dans MA direction, rentre dans MA rame, le MÊME jour que moi à la MÊME heure….. ?! Je veux dire : à Lille c'est possible car il y a que deux rames, mais y'en a des dizaines dans ces trains, c'est trop improbable !!) bref, tellement surprise que je bafouille une excuse à mes Nihongo Partners et que je vais voir Laurie complètement hilare, je lui ai fait un peu peur d'ailleurs xD, et la pauvre est aussi surprise que moi, mes NP sont aussi étonnées (je suis pas sûre qu'elles aient compris ce que je leur ai dit en fait ahah), du coup on est tellement bruyantes (terme toutefois relatif vu le silence de mort dans la rame, on va dire qu’on faisait un bruit tout à fait normal) que je vois les gens se retourner vers nous, sans doute des « Qu’est-ce qui leur arrive aux gaijin ? » dans la tête…. 
Ahaha c'était assez énorme... !
GG à nous !

Du coup Laurie allait aussi jusque Sakasegawa pour aller à la banque et se faire un nouveau portable donc je propose à mes NP qu’on aille au moins à la Mairie à quatre, au moins comme ça c’est fait pour Laurie et moi !


Arrivées à la Mairie située à 10-15mn à pied de la gare, nous attendons plus d’une heure dans une salle d’attente, car bien sûr la totalité des étudiants étrangers de ma fac sont partis eux aussi à la Mairie enregistrer leur adresse. Beaucoup d’attente du coup.
Puis au fur et à mesure, je me rends compte qu’il fallait peut-être que je prenne mon passeport, hors ça n’était pas précisé sur le document parlant de l’Address Registration (c'est pas de la mauvaise foi, c'était vraiment PAS marqué T_T)
....ce qui fait que quand c’est enfin notre tour, je tente ma chance mais finalement…. Nope, impossible de le faire sans le passeport. Bah tiens donc. J’ai attendu plus d’une heure pour rien…. ?! Bon au moins Laurie, accompagnée des deux filles parvient à le faire pour elle-même. On décide donc d’y retourner dans la semaine histoire qu’on le fasse pour moi.

On s’apprête à rentrer et vu l’heure (plus de 15h, à cette heure-ci les banques sont fermées) (oui oui vous avez bien lu, les banques sont en gros ouvertes de 9h à 15h)(c'est un peu abusé mais bon....... si je commence à parler des banques et des paiements ici ça prendra trop de temps !) on explique aux filles que Laurie a besoin d’un portable de chez Softbank, alors dans une grande gentillesse, elles se proposent de nous donner un coup de main. Laurie en a parlé plus en détail, mais quoi qu’il en soit…. VICTORY ! Elle repart avec un numéro et une nouvelle adresse e-mail. ENFIN on peut communiquer par mail !! 
 
Le téléphone !! Enfin ! Le téléphooooooooooone !!!
(pour information, on envoie pas de sms au Japon, on envoie des mails via une adresse de téléphone portable, la nôtre finit donc en @softbank.ne.jp, mais le principe est le même)

Nous nous séparons des deux Japonaises qu’on ne saurait assez remercier puis direction un Mac Do où on espérait pouvoir profiter de la wifi.....mais non y’en avait pas… ah la wifi au Japon.....




Les salles de PC accessibles à n'importe quelle heure
Le mercredi j’ai encore une « orientation » au sujet des cours et de l’utilisation des ordi, d’internet et de la wifi dans l’université. Pour la wifi il faut remplir un document assez pointu sur les appareils qu’on veut faire enregistrer (téléphone, ordinateur, tablette…).
Pour les cours, j’en parlerai dans un prochain post je pense, parce que c’était pas forcément évident pour moi de comprendre le système de cours avant d’arriver au Japon.




L’après-midi, je revois Laurie et direction la Mairie où je peux effectivement faire enregistrer mon adresse (la demoiselle qui s’occupait de nous était adorable comme tout !).
Ma carte de résident avec l'adresse au dos
La carte de sécurité sociale (reçue par courrier), elle m'a d'ailleurs été très vite utile !
Les délicieux ramen qu'on a mangé au déjeuner !
Nous retournons en direction de la gare de Sakasegawa où nous mangeons (diantre que c’était bon !) puis direction la banque où Laurie avait quelques trucs à faire, et nous avions des questions pour que je me créé un compte chez eux). Nous finissons par journée par quelques petites courses (c’est fou comme ça prend du temps pour avoir tout ce qu’il faut chez soi ! Que ça soit la lessive, du gel douche, du savon pour les mains, des accessoires pour cuisiner, des baguettes etc…. heureusement que le kami (dieu) Daiso (et ses comparses qui forment les kami des Hyaku-en shop) est là ! 





Le lendemain (nous sommes donc jeudi), nous avons une matinée de « Préparation aux catastrophes naturelles ».  
日本は地震多い国です。 « Il y a beaucoup de séismes au Japon »
J’ai très très souvent entendu cette phrase. Et quand l’intervenant, employé à la Mairie de Kôbe nous demande si on a senti le séisme de hier, beaucoup d’étudiants ont l’air étonnés.
Des séismes il y en a énormément mais on en ressent une petite partie car la plupart sont trop faibles. C’était une intervention hyper sympa, il y avait une petite partie « mise en situation » au cas où un étudiant ne parlant pas japonais se retrouve face à un incendie ou à quelqu’un qui se serait blessée ou inconsciente etc.

L’après-midi on la « Library Orientation », on nous a simplement expliqué le fonctionnement de la bibliothèque (qui est gigantesque et possède beaucoup de revues et magazines actuels, des bouquins en anglais sur le « Cool Japan », une grande vidéothèque et un nombre incroyable de ressources anciennes et très précieuses dans les sous-sols.








Enfin arrive le vendredi. Le jour qu’à peu près tous les étudiants attendaient : le résultat du Placement Test. On a passé le test lundi et avons eu une rencontre avec un professeur et à partir de ça on sera mis dans des niveaux. On a en plus parfois des numéros associés à notre groupe de niveau, ce qui signifie qu’on a des difficultés dans tel ou tel domaine. Du coup pour ma part, je suis en Niveau 4, groupe 2, avec un chiffre qui signifie que j’ai des difficultés en grammaire. Bon soit, je pensais que j’aurais eu des difficultés en kanjis mais si c’est « que » en grammaire…

Une salle de cours
Le groupe 4 c’est un groupe « moyen + » je dirais. Je dirais qu’ils se situe entre JLPT 3 et 2 pour ceux à qui ça parle. Le groupe 5 (qui est meilleur) est pour les élèves qui visent/ont le JLPT 2 et je pense que le groupe 6 est pour ceux qui visent/ont le JLPT 1, c’est donc le meilleur des niveaux.

Il y a des élèves forts contents, d’autre forts déçus, à ce moment-là mon groupe m’allait très bien (mais en bonne Française je vais bientôt trouver à me plaindre, ne vous en faites pas ^^).


L’après-midi nous avons une dernière « Orientation » optionnelle pour celles et ceux qui veulent rejoindre le Training Center de la fac pour faire du sport dans une salle de sport, où il semblerait qu’il y ait des vélos elliptiques, des appareils de musculation etc.



Enfin, en fin d’après-midi je rejoins une amie Japonaises, Moemi, à Nishinomiya-Kitaguchi. Deux amis Français arrivés aussi en avril m’accompagnent et nous prenons un petit verre et dégustons une sorte de mochi à l’extrait de fougère. C’était un goût que je ne connaissais pas, mais c’était vraiment bon ! Nous passons un excellent moment ensemble, à faire du lèche-vitrine dans les magasins, je m’achète un bon et joli petit parapluie à LOFT. 



 
Le soir, Moemi et moi partons manger dans un izakaya (sorte de restaurant/bar o on peut manger plein de petits mets entre amis ou collègues tout en buvant de l’alcool si on souhaite) très luxueux. Elle m’a fait goûter un ensemble de légumes de Kyôto et divers légumes ou plantes que je ne connaissais pas (comme du bambou…. Et le reste j’ai oublié car ça ne ressemblait en rien à ce qu’on peut trouver en France !). On compare ainsi les différents légumes français et japonais : par exemple elle ne connaissait ni les endives ni les artichauts alors que personnellement, les artichauts me font penser à mon enfance tellement c’est commun pour moi.




C’était donc une première semaine à la fac super prenante, c'était assez crevant je dois dire. Je n’ose imaginer la difficulté pour ceux qui ne parlent pas du tout japonais. Pour ma part j'ai jamais vraiment eu de problèmes, que ce soit en cours ou lors des journées Orientation, mais j'étais quand même bien contente quand le week-end est arrivé ! (même s'il s'est avéré bien rempli !)