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dimanche 18 janvier 2015

Tsuyunoten-jinja 露天神社 [Ôsaka]

Bonjour ! Tout d'abord bonne année à toutes et tous :)
明けましておめでとう!今年もよろしくね!


En lisant l’article de Béné no Fukuoka qui présentait un sanctuaire consacré à l’amour et aux couples, je me rappelé d’un sanctuaire similaire que j’avais beaucoup aimé, le Tsuyunoten-jinja 露天神社.



Celui-ci se trouve à Ôsaka Umeda 大阪梅田, soit vraiment en centre-ville, entre plusieurs buildings et proche d’une rue commerçante fort fréquentée. Avec la construction de la toute première gare d’Ôsaka à Umeda, le sanctuaire devint le protecteur de la région de Sonezaki et Umeda.





La date d’établissement du sanctuaire n’est pas connue mais située aux alentours du 6e siècle, les premières preuves de son existence remontent en tout cas à l’an 850. Hélas, comme beaucoup de sanctuaires, châteaux et temples, la structure n’est pas celle d’origine puisque détruit une première fois et reconstruit en 1622, détruit une seconde fois en 1945 et reconstruit en 1957, certaines parties datent quant à elles de 1993.

Il existe plusieurs théories expliquant le nom Tsuyunoten : selon la première il viendrait d’un poème de Sugawara no Michizane qui se serait retrouvé proche du sanctuaire au moment de l’écrire. Je serais bien en peine de vous le traduire correctement donc je vous propose la traduction anglaise et ma propre traduction qui est bien sûr copiée sur l’anglais, donc affreuse (d'ailleurs si quelqu'un a quelque chose de mieux....). Le nom tsuyu signifie “rosée” en français.
「露と散る 涙に袖は朽ちにけり 都のことを 想い出づれば」
(Tsuyu to chiru  Namida ni sode wa kuchinikeri  Miyako no koto wo  Omoi izureba)
Like dewdrops falling drip-drip, Telle la rosée tombante,
Teardrops have already decayed Les larmes ont déjà abîmé
My cuffs and sleeves, Mes manches,
As I have often looked back Pour m'être trop souvent retourné
My prosperity in the palace. Sur ma prospérité dans la capitale
(Eishiro Ito)


Un sanctuaire peut abriter les esprits de plusieurs kami, celui-ci est consacré à cinq kami (dieux) dont Sugawara no Michizane 菅原 道眞 et la Déesse du Soleil, à l’origine de la lignée des Empereurs du Japon, Amaterasu 天照.

Après cette petite partie historique, un autre élément intéressant : pourquoi ce sanctuaire est-il particulièrement connu ?

Peut-être macabre à première vue, deux amants se sont suicidés (心中) dans la forêt du sanctuaire le 7 avril 1703,  Tokubei 徳兵衛 et Ohatsu お初. Leur histoire fut adaptée sous forme d’une pièce de théâtre « bunraku », Suicides d'amour à Sonezaki 『曾根崎心中』 et de par son succès, le sanctuaire fut ainsi connu sous le nom de la femme : Ohatsu-tenjin お初天神. Vous pouvez lire leur histoire en français ici.



Ohatsu et Tokubei
Pour résumer grossièrement, Tokubei qui travaillait pour son oncle était si sérieux que son oncle pensait le marier avec la nièce de sa femme pour garder le business dans la famille si j’ose dire ! Mais il était déjà en couple avec Ohatsu, une prostituée et ne pouvait accepter un mariage qu’avec sa bien-aimée. Son oncle prit ombrage et fit en sorte de faire payer au sens propre et figurer Tokubei en lui demandant le remboursement de la dot. Celui-ci parvient à récupérer de l'argent mais alors qu'il allait rembourser la dette, il prêta l’argent à un ami très cher… qui le trahit presque aussitôt. En plus de cela, l'ami accusa Tokubei d’être lui-même un escroc. Tokubei ne pouvait plus rembourser son oncle et souhaita se suicider pour regagner son honneur, en informa Ohatsu et ils décidèrent de se donner la mort ensemble dans la foret du sanctuaire Tsuyunoten.

Aujourd’hui le sanctuaire est fréquenté entre autres par des couples, espérant avoir des liens d’amour aussi forts que Tokubei et Ohatsu (sans la partie suicide, un peu trop définitive…). Côté ema et porte-bonheur, tout tourne autour de l’histoire du triste couple, il y a entre autre des ema sur lesquelles on peut donner à une tête de femme fardée (Ohatsu) un visage. Je dois avouer être particulièrement admirative et amusée par les petites œuvres accrochées dans le sanctuaire. A l’intérieur on trouve bien sûr des panneaux traduits en plusieurs langues racontant l’histoire des deux amants ainsi qu’une statue qui les représente.






C’est un sanctuaire que j’ai beaucoup apprécié, il est proche d’une grande station de métro (15mn à pieds), pas trop trop fréquenté et très joli (^^).

Il y a parfois des chats qui trainent dans des sanctuaires ^^













 
6h- minuit 
   
[voir sur GoogleMap]
〒530-0057 大阪府大阪市北区曾根崎2丁目5−4
〒530-0057 Ōsaka-fu, Ōsaka-shi, Kita-ku, Sonezaki, 2 Chome−5−4
 
* Marché aux puces : premier vendredi de chaque mois
* Matsuri d'été : troisième vendredi & samedi de juillet

http://www.tuyutenjin.com/en/ (en anglais)




samedi 23 août 2014

Collection de goshuin ご朱印




La première fois que je suis venue au Japon, j’ai été assez fascinée par les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes, mais j’avoue  qu’à part ce que j’avais pu apprendre en cours à la fac, je ne connaissais pas très bien ces deux croyances (je n’utilise pas le terme « religion »). Je trouvais les bâtiments hyper jolis, colorés, avec une architecture que je n’avais jamais vu en France, avec les lieux de culte parfois un peu paumés entre deux buildings, souvent assez calmes quand ils ne sont pas hyper touristiques, parfois entourés de verdure, apaisants… Bref j’aimais beaucoup les visiter.





Grâce au billet posté sur son blog, Eva m’a fait découvrir un moyen de donner un sens à ces visites. Certes c’est sympathique de se rendre dans un sanctuaire ou un temple, d’y faire des photos et éventuellement une petite prière, d’acheter des omamori お守り(porte-bonheur) ou d’écrire un vœu sur une ema (petite tablette en bois qu'on suspend ensuite)… mais je crois que ce n’est pas le genre de chose que je recherche.

J’ai alors appris grâce à son blog (que je recommande de visiter car hyper intéressant ! ^^) ce qu’était un goshuin 御朱印 (se prononce go-chou-inn) (ou shuin 朱印, c’est-à-dire « sceau », le préfixe « go » étant un préfixe honorifique). C'est une calligraphie faite par un employé du temple (une maiko, un prêtre etc…) assortie du tampon du temple/sanctuaire le tout écrit sur un petit carnet dépliable qu’on appelle goshuinchou 朱印帳 (se prononce chou-inn-tchoo)
Le tampon est unique à chaque temple/sanctuaire et la calligraphie correspond au nom du temple/sanctuaire (au milieu de la page) ainsi que le jour de la visite (écrit à gauche).

A droite, Ikuta-jinja (Kôbe)



Celui de droite est un peu moins joli...
Je trouve que l’écriture japonaise, mais surtout les kanjis, est très belle. C’est une des raisons qui m’a fait connaitre et aimer le Japon. C’est pourquoi à mes yeux, les goshuin sont de petites œuvres que j’aime regarder, c'est devenu une sorte de « petit trésor » (takaramono 宝物). J’aime beaucoup ouvrir mon carnet et regarder mes différents goshuin ^^
J’adore quand ils sont tracés au pinceau avec de l’encre noire, quand le tracé est un peu artistique et compliqué, ou quand il est tout en rondeur ou quand au contraire c’est très bien tracé et qu’on reconnait vraiment les caractères… Mais il y a des goshuin tracés au stylo et ceux-là je les trouve un peu tristounets du coup ^^;

Généralement le goshuin est fait sous vos yeux, mais parfois l’employé du temple ne le fait pas lui-même et vous guide jusqu’à un guichet réservé aux goshuin ou emporte votre carnet et vous fait patienter quelques minutes le temps de le faire remplir et de revenir.
Normalement, il n’est pas possible de faire de photos ni de faire de vidéos pendant le tracé. J’ai demandé à un ami prêtre mais il ne sait pas trop pourquoi c’est pas possible « Peut-être parce qu’ils sont timides ? » mais j’avoue que ça me satisfait pas XD  Sur Google j'ai vu quelques photos dont peut-être que ça dépend des endroits ? Mais j'ose pas demander en fait ahahah ^^






御朱印所 Goshuin-sho
Cela indique que c'est ici que
vous pouvez recevoir un goshuin.


Photo trouvée sur ce blog
Il est possible de demander un goshuin dans les temples ou les sanctuaires, le prix est le même partout : 300 yens (2.20€). Il est possible que certains sanctuaires ou temples chargent davantage, mais normalement ça n’excède pas les 500 yens. Les carnets coûtent dans les 1000 yens environ, mais je pense que ça dépend du carnet. Il y en a de très très jolis avec une couverture colorée, représentant un paysage ou reprenant des motifs qui font très asiatiques…. Après coup, j’avoue ne pas être très fan de l’apparence du mien par rapport à des carnets que j’ai pu voir dans les mains d’autres personnes. Du coup si vous commencez cette collection, je ne conseille pas de prendre le premier shuinchou venu, prenez le temps d’en acheter un qui vous plait ^^



A Kagoshima, j’ai montré ma collection à un vieux monsieur qui était persuadé qu’on pouvait deviner les traits principaux de caractère de la personne rien qu’en regardant comment elle écrivait et deviner si c’était un homme ou une femme. Je suis pas très convaincue, mais c’était très amusant d’essayer de mettre un trait de caractère sur chacun des goshuins ! ^^
De manière générale, je pense que c’est assez méconnu des Japonais, bien que selon ce que j’ai pu voir sur internet, sur Facebook ou après en avoir discuté avec des Japonais, ça commence à devenir de plus en plus populaire. Il existe même ce qu’on appelle des « goshuin girls » ou « shrine girls », des jeunes filles/femmes qui s’organisent pour se rendre dans des sanctuaires dans l’optique de les visiter et de collecter des goshuin.
Pour ma part comme je l’avais écrit avant, je suis plus attirée par les sanctuaires (Shintoïsme) que les temples (Bouddhisme), aussi je ne collectionne pas ces derniers, sauf quand le lieu est particulièrement populaire (comme le Kiyomizu-dera de Kyôto par exemple).



Voilà ! J’espère vous avoir donné envie de commencer vous aussi une petite collection de goshuin !! (*^^*) Et même si vous n'avez pas envie de faire la « chasse aux temples et sanctuaires », c'est toujours sympa de garder une trace des endroits 'touristiques' du Japon non ? ^^